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Le verset du jour

 

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réflexion du 28 mars 2017
 

« Ainsi parle le Seigneur: Oui, voici: je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit .» (Isaïe65, 17, première lecture du lundi 27 mars)

Ces propos du prophète ont de quoi étonner. En effet, dans la tradition juive, garder en mémoire le passé est très important. C’est presque une obligation sacrée : Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que le Seigneur ton Dieu t’en a fait sortir.  (Deutéronome 5, 15) Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert (Deutéronome 8, 2). Par conséquent, oublier, c’est à toute fins utiles une malédiction : Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! Je veux que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir (Psaume 136, 5-6). Alors comment le prophète peut-il oser déclarer, au nom du Seigneur : « On ne se souviendra plus du passé. »

Situer ces paroles dans leur contexte d’origine nous aidera à y voir plus clair. Le prophète s’adresse à la population de Jérusalem quelques dizaines d’années après son retour de l’exil à Babylone. Les conditions de vie sont alors difficiles. Le peuple est encore marqué par l’épreuve de la chute de la ville sainte et de la déportation. Certains ont peut-être tendance à se replier sur eux-mêmes, à s’enfermer dans leur rôle de victime, à ressasser un passé douloureux. Le prophète veut donc les secouer, les amener à tourner la page, à cesser de ronger leur frein. C’est pourquoi il leur annonce un changement radical que Dieu lui-même suscitera en son temps : «Oui, voici : je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle.» C’est cette espérance qui devra occuper désormais leur esprit, et non les malheurs d’un passé révolu.

 

Jean Grou, bibliste

 

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 21 mars 2017