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« Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » (Luc 1, 59-60, évangile du vendredi 24 juin)
N’est-ce pas réjouissant de voir Élisabeth, la mère de Jean Baptiste, s’opposer à son entourage et déclarer que son enfant ne portera pas le nom de son père? On tente de l’en dissuader sous prétexte que «personne dans [sa] famille ne porte ce nom-là», rien n’y fait. Même son mari l’appuie. Muet, il écrit sur une tablette : «Jean est son nom.» Dans une société patriarcale où la tradition pèse lourd, Élisabeth et Zacharie se démarquent et montrent une grande détermination. L’évangéliste veut sans doute ici mettre en évidence que le choix du nom, qu’un ange avait révélé à Zacharie (Luc 1, 13), revient à Dieu et à personne d’autre. Celui-ci, en effet, avait de grandes visées pour l’enfant. Cela dit, je me plais aussi à voir dans l’attitude d’Élisabeth et de Zacharie un avant-goût de ce que sera le grand prophète Jean Baptiste. Un homme qui prendra la parole avec vigueur et qui n’hésitera pas à dénoncer les pratiques mensongères et immorales des autorités politiques et religieuses de Jérusalem. Le rite baptismal qu’il accomplira, en périphérie de la ville sainte, était un véritable pied de nez à la tradition si attachée au temple. Ses interventions finiront par lui coûter la vie. Mais sa parole, répercutée d’une certaine façon par un certain Jésus de Nazareth, continue de résonner jusqu’à nous.

Réflexion précédente :
Réflexion du 13 juin 2017
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