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« Voici que moi je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; soyez donc rusés comme les serpents et candides comme les colombes. » Matthieu 10, 16
Ce verset ressemble à une fable de Jean de la Fontaine : un court récit qui veut donner une leçon de vie en mettant en scène des animaux à la place des humains. Le contexte en est un grand discours de Jésus sur la mission.
Comme dans les fables, chaque animal illustre une attitude. Jésus parle souvent de ceux qui lui sont confiés comme de ses brebis, lui étant le bon berger. Si les brebis sont au milieu des loups, c’est que le berger n’est plus là pour chasser les prédateurs et qu’elles se retrouvent donc fragilisées, dans une situation difficile. Matthieu a écrit son Evangile à la fin du premier siècle : les persécutions contre les chrétiens ont commencé. Le loup est le symbole de cette période de violence, de sauvagerie et de mort.
Dans ce discours Jésus incite les siens à devenir comme des serpents et des colombes, deux animaux que tout semble opposer : le serpent rampe, il est perfide et rusé, alors que la pure et ingénue colombe s’élève. Par contre ils ont bien un point commun : une référence à une autre réalité, celle de Dieu qui agit à travers son Esprit. Pensez au serpent d’airain qui permet de guérir lorsqu’on lève les yeux sur lui (Nombres 21, 6-9) et à la colombe symbolisant l’Esprit saint, descendant du ciel lors du baptême de Jésus (Matthieu 3, 13-17).
Les chrétiens sont donc appelés à devenir témoin du Père en se laissant traverser par son Esprit. La parole dite n’est plus la leur, mais celle de Dieu : une parole agissante et extérieure au monde, une parole qui apporte guérison et vie au cœur d’un monde en souffrance. Une fable d’Espérance à n’en pas douter !

Réflexion précédente :
Réflexion du 20 juin 2017
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